histoire de l'art

  • JJMB

    Un nom long comme le bras...

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    Et un talent à la hauteur de cette longueur là...

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    Johannes Jacobus Maria Bogaerts

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    Voilà, c'est juste le printemps.

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    Et j'aime ça !

  • Belle, belles, belles

    Il est de ces personnages qui, lorsqu'on les croise, vous laissent une impression toute particulière. Hommes et femmes de la vraie vie, héros de roman, figures familiales...

    Etre historien, c'est sans doute avoir un rapport au temps un peu particulier, se défier des frontières des ans, naviguer au travers des âges sans retenues d'absences... Et croiser des personnages auxquels on s'attache au delà des mots et du temps...

    Ainsi en va t'il d'Anne Vallayer-Coster (1744-1818). Un prénom en commun, comme une première petite reconnaissance. Et puis un destin particulier, un personnage marquant, une force de caractère.

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    Anne est une des rares femmes à être admise comme membre à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture le 28 juillet 1770.

    Regardez son morceau de réception, Les attributs des arts.

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    A première vue une nature morte classique, de très belle facture.

    Une nature morte ? Oui, mais pas seulement.

    Ceux qui pratiquaient la nature morte était considérés comme des artisans et non comme des vrais artistes. En donnant une dimension allégorique à sa nature morte, elle revendique un statut d’artiste à part entière. Pour personnifier la sculpture, elle ne suit pas la tradition, qui veut qu'on représente un art par une muse, mais elle choisit le moulage en plâtre d'un nu masculin classique. Or les femmes artistes étaient interdites de nu masculin et par conséquent de peinture historique, le grand genre par excellence, qui supposait des modèles masculins plus ou moins dénudés. Elles devaient donc se limiter aux genres mineurs comme la nature morte et le portrait. Qu'une femme choisisse de représenter ce type de plâtre pouvait donc passer pour un acte de revendication égalitaire. En haut du tableau et opposé à la sculpture en modèle réduit, se trouve un buste de femme, mais cette fois-ci en grandeur nature. Ce buste de style moderne et inachevé, car recouvert d'un linge humide, est en fait un autoportrait caché.

    Le talent d'Anne Vallayer-Coster la mène à la cour du roi. Elle devient chef du cabinet de peinture de la reine Marie-Antoinette ainsi que son professeur de dessin.

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    Et ses bouquets de fleurs, ses bouquets de fleurs...

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    J'aime lorsqu'au delà du temps, les traits d'un personnage attirent. Lorsqu'au delà des mots, la force et l'émotion retiennent l'attention.

    "Un sacré carafon" comme on dit chez les Nains de Jardin. Et c'est un compliment.

  • Festival de cannes

    Aujourd'hui, un festival de cannes !

    Bon, le jeu de mot est un peu facile, j'en conviens !

    Juste une petite mise en lumière (et hop, un deuxième jeu de mot !) sur une mode lancée à la fin du XVIIIe siècle : les cannes silhouette.

    A l'origine de ce petit post, une petite recherche sur un artiste entre ombre et lumière : Wade Kramm.

    Et puis une oeuvre qui a fait résonner le grelot mémoriel de mon bonnet de nain de jardin :

    Jeu de lumière Wade Kramm -Janus- autoportrait 2006.jpg

    Un travail sur les ombres chinoises... Ou comment faire naître un visage à partir de superpositions de moulures anodines.

     L'idée n'est pas neuve, à la fin de la Révolution française, les royalistes avaient quelque peu de mal à étaler leurs opinions sur la place publique (doux euphémisme !). En guise de signes de reconnaissance, certains d'entre eux se sont mis à porter des cannes dont le pommeau, exposé à la lumière, projetait l'ombre du visage du roi défunt.

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    D'après ce site : "Le livre d’Albert Lévy, Curiosités scientifiques, Paris, Hachette, 1880, évoque au chapitre des "jeux de lumière" les silhouettes obtenues en découpant dans un papier le profil d’une figure dont l’ombre est projetée sur un mur (...) : "Pendant la révolution de 1789, un grand nombre de royalistes portaient des cannes dont le bec, singulièrement découpé, donnait comme ombre le portrait de Louis XVI. Plus tard, sous la Restauration, les bonapartistes se servaient de cannes ou de cachets dont l’ombre reproduisait la silhouette de l’empereur. Les mauvaises langues ajoutent que c’était le même fabricant qui vendait, sous les différents régimes, le portrait du souverain qui venait de disparaître."

    Après Louis XVI, ce fut donc Napoléon dont le visage fut immortalisé par de mystérieux pommeaux :

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    Extrait du livre d'Alain-Claude Saby, 1815, Les naufragés de l'Empire aux Amériques.
    Jeu de lumière - Canne bonapartiste en ivoire tourné projetant en ombre portée le profil de l'Empereur. France milieu XIX°..jpg
    Canne bonapartiste en ivoire.
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    Et voilà pour ma petite mise en lumière du jour. Amusant non ?